Albanie XII : Le baptême et la bouteille de Soda..

Un conte de Noël, un vrai…,

Une série d’histoires À l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février… » 40 ans d’histoire au pays des aigles » et de la publication du livre.

Fin 1989, l’Albanie est « dernier bastion du socialisme », et semble résister à la vague de liberté qui a emporté tous les régimes de l’ancien bloc communiste. On se demande jusqu’à quand ? C’est un prêtre, le père Jubani, qui a peine libéré de prison , après 26 ans de goulag, va déclencher les hostilités.

En novembre 1989, le prêtre célèbre la première messe en public, dans le cimetière de shkodra, au milieu des tombes. Une petite chapelle “miraculeuse” a échappé à la folie destructrice du “régime athéiste”. Elle sera, pendant les mois suivants, le point de ralliement de toute la chrétienté en Albanie… Le père Jubani a appelé Dieu à l’aide et son vœu a été exaucé : la police n’intervient pas. 

Pendant les jours et les semaines qui suivent, les fidèles se bousculent dans le cimetière où le père Jubani célèbre aussi les premiers baptêmes.

Mais l’église “des origines” manque de tout, les objets du culte ont été détruits pendant la période communiste. Pour les baptêmes, c’est avec de simples bouteilles de soda que le prêtre asperge ses fidèles d’eau bénite…C’est La religion du dénuement… le retour aux origines. En quelques semaines des milliers de personnes sont baptisées au milieu des pierres tombales. 

Je n’ai pas pu rencontrer le père Jubani pour la nouvelle phase de mon travail. Il est mort. Mais je tenais à raconter son histoire. J’essaierai d’évoquer bientôt l’histoire, tout aussi exemplaire, d’un autre prêtre, Le père Zeff Pllumi. 

Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. Shkoder. Skodra cemetery. first place liberated by the population. first communion and baptism, the religion was forbidden by law during the communist regime Skodra
Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. Shkoder. Skodra cemetery. first place liberated by the population. first communion and baptism, the religion was forbidden by law during the communist regime
Albania. Shkoder. cemetery of Skodra transformed in church, because all the other places were transformed or destroyed under the communist regime
Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. Shkoder. first religious burial in the cemetery of Skodra
Albania. Shkoder. Easter mass by father Jubani in the cemetery; without the aproval of the communist regime; Skodra
Shkoder. Skodra. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. the cemetery. is first place liberated by the population, the religion was forbidden by law during the communist regime the statue and other holy object , in bad condition, are coming from the former atheist museum in Skodra
Albania. Shkoder. Father Jubani Was in jail during 22 years under the communist regime; / in 1989 he has celebrated the first public mass (in the cemetery of Skodra) here in his house in Skodra

Albanie XI : Artan Broci, une douleur intacte.

Une série d’histoires À l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février… » 40 ans d’histoire au pays des aigles » et de la publication du livre.

Le 3 avril 1991, les résultats des premières élections libres depuis la fin de la dictature marquent clairement la victoire des communistes.

Les émeutes démarrent, tôt le matin, dans la ville de Skodra qui a voté, comme à Tirana, en majorité pour l’opposition.

Ce matin-là, nous avons réussi avec mon fixeur, Erwin Baku, à nous infiltrer dans la ville assiégée par la police et l’armée. Je suis le témoin médusé de cette première émeute qui marquera le véritable acte de naissance de la démocratie dans le pays. En fin de matinée on compte plusieurs morts. Nous passons l’après-midi à assister aux veillées funèbres…Arben Broci est une des quatres victimes. Il était aussi le leader du parti démocratique à Skodra, le parti opposé aux communistes…Toute la journée les délégations se succèdent dans l’appartement familial, y compris Sali Berisha, qui sera le prochain président albanais. Il ne le sait pas encore. Il a aussi été le chirurgien d’Enver Hoxha. 

Le jour de l’enterrement, c’est toute la ville qui se dirige en une manifestation silencieuse jusqu’au cimetière.

Sur la route, les malades en pyjamas, juchés sur les toits de l’hôpital saluent les derniers morts de la dictature, et les premiers martyrs de la démocratie.

Trente ans plus tard, j’ai retrouvé les familles des victimes que j’avais photographiées à côté des défunts. J’ai aussi enregistré leurs témoignages. Artan Broci qui portait, ce jour là, le cercueil de son frère jusqu’au cimetière, est aujourd’hui avocat, et l’un des dirigeants du parti démocratique. Ce 4 avril 1991, est gravé dans l’histoire de l’Albanie comme le jour de naissance de la démocratie.

Albania Shkoder 1990 during. Riots in Skodra, sit up with Arben BROXI (Broci) in the family home Skodra Albania /
Albania. Shkoder. 03/04/91) sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist, covered with an Albanian flag
Albania. Shkoder. 03/04/91) sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist, covered with an Albanian flag
Albania the end of communism. Albania. Shkoder. sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist . public funerals of the three killed during the riots in Skodra Skodra Albania /
Albania. Shkoder. 03/04/91) sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist, covered with an Albanian flag
Sali Berisha visit Arben Broci family Albania. Shkoder. 03/04/91) sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist, covered with an Albanian flag
Albania. Shkoder. sit up with Arben BROXI (Broci) Leader of the democratic party killed by communist . public funerals of the three killed during the riots in Skodra
Albania. Shkoder. April 1991the all city is in the street to celebrate the death of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, a huge demonstration against the communist governement.
Albania. Shkoder. April 1991 in the cemetery urial ceremony of the victims of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, become a huge demonstration against the communist governement.
Albania. Shkoder. April 1991 in the cemetery urial ceremony of the victims of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, become a huge demonstration against the communist governement.
Albania. Shkoder. April 1991 in the cemetery urial ceremony of the victims of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, become a huge demonstration against the communist governement.

Albanie X suite : « L’art au service du dictateur »…

Quand un Fils découvre son père…

Mon ami Toni Milaqi, un artiste albanais qui vit depuis longtemps en Grèce vient de découvrir son père sur le post précédent. Voici donc quelques images à la gloire du papa… Aritides Milakides. Et par la même occasion, le nom du deuxième artiste que je ne connaissais pas : Pirro Stekos…Le projet albanais prend une ampleur inattendu…

Voici le te texte de Toni Milaqui :

« A partir des archives du photographe et photojournaliste français, j’ai découvert ces photos. Elle ont été prises à Tirana en 1990, peu de temps avant que le régime communiste ne tombe.

En 1967, l’année au cours de laquelle Hoxha a déclaré l’Albanie , premier «  État athée » au monde, la mosquée de Tirana s’est transformée en atelier officiel de production de propagande.

Cet atelier était composé d’une vingtaine de peintres qui ont participé à la production de tableaux peints à la main, installés partout et notamment sur les places centrales des villes.

« Même Dieu a besoin de publicité, c’est pourquoi les cloches sonnent. »
Les seules publicités dans les rues d’Albanie, à l’époque, étaient des images de propagande à la gloire du dictateur.
Sur une des photos, on reconnaît un leader albanais de l’époque, Ramiz Alia. Deux peintres écrivent des slogans sur une banderole. 

En découvrant ces moments venus des profondeurs de mon enfance, moi qui suis né et ai été élevé dans un monde qui appartient au passé, j’ai soudainement été confronté à une révélation énorme. 

Le peintre, au centre de la photo, est mon propre père, qui, à l’époque, travaillait au laboratoire Tirana Giantafisa. Cela m’a laissé sans voix. » 

the painter Aritides milakides. Albania. A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…
the painter Aritides milakides. Albania. A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…

Albanie X : l’art au service de la dictature

« Une série d’histoires à l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février et de la publication du livre, « 40 ans d’histoire au pays des aigles »

Pour changer… une histoire d’artiste. Je reviendrai sur Skodra dans un prochain post…

En 1967, le dictateur Enver Hoxha abolit « Dieu »…par décret. 

La mosquée Din Hoxha, située en plein cœur de Tirana, est transformée en atelier d’art au service du parti. Les artistes et, en particulier les peintres, doivent dorénavant produire de l’art socialiste au service du prolétariat et surtout de son dictateur. (Voir mes articles précédents sur « la mort de Dieu »)

J’ai rencontré Leka Rrudha pour la première fois en 1990, il était dans la mosquée, au premier étage, en train de peindre un portrait géant de Ramiz Alia.  Un ses collègues s’attaquait, lui, à Enver Hoxha. 

Au rez-de-chaussée, d’autres artistes travaillaient sur des affiches de propagande à la gloire du le parti du travail (PTA), et sur des portraits monumentaux à la gloire des dirigeants. 

Leka RRudha, comme tous ses collègues, n’avait pas le choix. C’était ça ou la prison de Spac. Pendant des années, il a donc peint les portraits des dirigeants, sous les voûtes de la mosquée. 

Je l’ai retrouvé en 1992 après la fin de la dictature, dans son nouvel atelier : heureux et en pleine forme. Il produisait enfin la peinture qu’il aimait. 

En 1997, en pleine crise économique, son frère a émigré en France. Il est, depuis, peintre sur les quais de la Seine. Il peint « Notre Dame »…Chaque fois que je vais à Tirana je vais saluer mon ami Leka.

La mosquée Din Hoxha, elle, a été rénovée et a retrouvé sa vocation première.

lekha RRudha 33 years later. Leka was working as a painter in a former mosque transformed in a decoration workshop where were produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decided that God doesn’t exist, abolished all the religions and changed most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops… Tirana Albania
The paintrer Leka Rrudha.. in Dine Hoxha mosk A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…
Albania. Islam A former mosque without minaret transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…
Albania. A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…
The painter Pirro tsekos. Albania. A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style. In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…

RRudha lekha the painter 33 years later Albania. A former mosque transformed in a decoration workshop where are produced portraits of` the leaders in realistic socialist style In 1968, the State decides that God doesn’t exist, abolishes all the religions and changes most of` the worship’s places in movie theatres, garages, workshops…

Albanie IX : Arjana Ceka, une douleur intacte

Une série d’histoires à l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février et de la publication du livre, « 40 ans d’histoire au pays des aigles »

Le 3 avril 1991, les résultats des premières élections libres, depuis la fin de la dictature, marquent clairement la victoire des communistes.

Les émeutes démarrent, tôt le matin, dans la ville de Skodra qui a voté, comme à Tirana, en majorité pour l’opposition.

Ce matin-là, nous avons réussi avec mon fixeur, Erwin Baku, à nous infiltrer dans la ville assiégée par la police et l’armée. Je suis le témoin médusé de cette première émeute qui marquera le véritable acte de naissance de la démocratie dans le pays. 

En fin de matinée, on compte plusieurs morts. Nous passons l’après-midi à assister aux veillées funèbres. Arben Broci est une des quatre victimes. Il était aussi le leader du parti démocratique à Skodra, le parti opposé aux communistes. Toute la journée les délégations se succèdent dans l’appartement familial, y compris Sali Berisha, qui, mais il ne le sait pas encore, sera le prochain président albanais. Il a aussi été le chirurgien d’Enver Hoxha. 

Le jour de l’enterrement, c’est toute la ville qui se dirige en une manifestation silencieuse jusqu’au cimetière.

Sur la route, les malades en pyjamas, juchés sur les toits de l’hôpital saluent les derniers morts de la dictature, et les premiers martyrs de la démocratie.

Trente ans plus tard, j’ai retrouvé les familles des victimes que j’avais photographiées à côté des défunts. J’ai aussi enregistré leurs témoignages. 

Arjana Ceka est, aujourd’hui, infirmière à l’hôpital de Skodra. 

Ce jour de 1991, elle a perdu son frère et, trente ans plus tard, l’émotion est toujours intacte. J’ai eu l’impression que cela lui faisait du bien d’en parler. Et j’avais moi même du mal à retenir mon émotion.

One of many stories from my exhibition going on in COD tirana. In The book of the new exhibition.

Albania Shkoder after almost thirty years and the killing of her brother Arjana suffer like if it was yesterday
Riots in Skodra, sit up with Besnik Ceka in the family home Skodra Albania 03/04/1991 .
Albania. Shkoder. April 3 1991 riots in Skodra, demonstration against the results of the election
Albania. Shkoder. April 3 1991 riots in Skodra, demonstration against the results of the election
Albania. Shkoder. April 3 1991 riots in Skodra, demonstration against the results of the election
Albania. Shkoder. April 1991the all city is in the street to celebrate the death of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, a huge demonstration against the communist governement.
Albania. Shkoder. April 3 1991 riots in Skodra, demonstration against the results of the election
Riots in Skodra, sit up with Besnik Ceka in the family home Skodra Albania 03/04/1991
Albania. Shkoder. April 1991 in the cemetery urial ceremony of the victims of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, become a huge demonstration against the communist governement.
Albania. Shkoder. April 1991 in the cemetery urial ceremony of the victims of the riots , Broxi, Ceka and Bashinaku, become a huge demonstration against the communist governement.

Albanie VIII : il y a 29 ans, « Dieu » était de retour en Albanie

J’ai retrouvé Imeri Nga à Shkodra, là où je l’avais quitté il y a vingt-neuf ans. J’ai simplement montré sa photo à des gens du coin. Quelques minutes plus tard, il est apparu, un grand sourire aux lèvres. 

A ma première rencontre, ce sont de des grandes tiges de fer qui transperçaient ses joues. Voici le récit du reportage… 

« Allah, Allah, Allah » Les fidèles psalmodient le nom de dieu des dizaines de fois, en se balançant sur un rythme saccadé. 

Torse nu, coiffés d’un petit bonnet blanc, en transes, ils enfilent des tiges acérées dans leurs joues, se transpercent la langue, les oreilles, le ventre. La sueur perle sur les poitrines mais le sang ne coule pas. On les entend seulement psalmodier le nom d’Allah.

La cérémonie a lieu dans un ancien Téké (lieu de prière), transformé en entrepôt pendant les années noires du communisme.

 La petite salle est pleine à craquer, on se bouscule pour voir l’incroyable spectacle. Il n’en subsistait plus que le souvenir.

Les derviches continuent leurs litanies en léchant soigneusement des tisonniers chauffés à blanc. Ils ne semblent pas souffrir. 

Ce sont des adorateurs de Dieu, du Dieu de Mahomet, et du prophète Ali : des Rufaïs. Une des douze sectes chiites qui existaient en Albanie avant la révolution culturelle. 

De nouveau, le cri libérateur retentit : « Allah, Allah, Allah ». La souffrance qu’ils s’infligent aujourd’hui est, pour eux, le symbole d’une renaissance miraculeuse. Ils sont en train de rompre avec vingt-six ans de dictature, vingt-six ans sans pouvoir invoquer le nom de Dieu, vingt-six ans pendant lesquels les traditions et les pratiques religieuses étaient passibles de la peine de mort.

En1969, après une rapide et sanglante révolution culturelle, le dictateur Enver Hoxha abolit « Dieu »…par décret : les prêtres, les mollahs et les popes sont envoyés dans des camps ou exécutés.

 Les églises et les mosquées sont détruites ou transformées en entrepôts ou en gymnases. 

Dieu a abandonné l’Albanie pour toujours. Reste la nuit noire de la dictature, la seule, que le peuple doit révérer.

Dans l’Albanie pré-communiste, la vie religieuse était très intense. 

En plus des trois grandes religions, orthodoxe, catholique et musulmane sunnite, il n’y avait pas moins de douze sectes chiites :  Bektachis, Kadris, Halveti, Rufaïs etc. 

Petit à petit, toutes ces traditions refont surface. Les objets du culte, les croix, les livres saints, sont déterrés et remplacent le culte de « l’homme nouveau ». Les statues du dictateur sont renversées : Dieu est de retour.

Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. / piercing Albania
Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. 05/09/1991
Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. 05/09/1991
Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. 05/09/1991
Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. 05/09/1991
Albania. Shkoder. The Rufais, one of the ten Muslim sect in Albania, Dervish and Sufism. 05/09/1991

RETURN OF RELIGIOUS SECTS

Allah, Allah, Allah… » Two dozen~worshippers chant the name of their God while swaging back and forth to a staccato rhythm. Half naked, wearing small white caps, half in trances, they stab short rods through their cheeks tearce their tongues, their ears, their stomachs. Beads of sweat form on their chest but no blood flows. The only sound is the chanted name of Allah.

The ceremony takes place in an old « teque which during the black Years of communism was used as a warehouse. The small room is packed, people crowding in to see the incredible sight, a sight which existed until recently only as something lost far in the past.

The Dervishes continue their litany while assiduously licking pokers that have been heated to a hot white. they don’t seem to suffer, they are in adoration before their God, the God of Mohammed and of his prophet Ali: these are Rufais one of the dozen sheete sect which existed in Albania before the Cultural Revolution.

Once again the liberating cry resounds: « Allah, Allah, Allah… » the suffering that they inflict on themselves today actually represents for them the symbol of a miraculous renaissance. they are breaking with 26 Years of dictatorship, 26 years during which the practice of religion was punishable by death.

In 1969, after a speedy and bloody Cultural Revolution, the dictator Enver Hoxha abolished God by legal decree: Catholics and orthodox priests and mollahs were sent to concentration camps and executed, churches and mosques were destroyed or transformed into warehouses or gymnasiums. God has abandoned Albania. Forever it seemed, and the black night of a dictatorship was the only light the people were allowed to see. There had once been in the pre-communist Albania, a very active religious life. In addition to the three main religions, Greek orthodox, Catholicism and the Sunni branch of Islam, there were about a dozen of cheetes sects: Bektachis, Kadris, Halveti, Rufais, etc… Eittle by little, religion is now making his appearance again. Sacred objects, the cross, holy books are being unearthed, replacing the symbols of communism and its cult of the « New Man ». The statue of the dictator have been pulled down, God has returned.

Photo: in the « teque » of Skodra, Northern Albania, the first dervish ceremony in 26 Years, since the banning of religion.

other images here

https://setbounphoto.photoshelter.com/gallery/Rufais-sect-NB/G0000SuRYS20N4mI/C0000snNdhy0yz2k

Albanie VII : « L’église était en ruines »

  40 ans d’histoires au pays des aigles ». Exposition et livre

Suite de  » La mariée était en pleurs ». Une série d’histoires à l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février  » 40 ans d’histoire au pays des aigles » et de la publication du livre.

Ce matin de 1991, nous sommes partis en procession vers l’ église du village, la mariée au visage triste était entourée d’une foule de gens chantant et dansant au son d’un orchestre enthousiaste.

Arrivé au sommet d’une colline où se trouvait l’église, j’ai découvert un champ de pierres. Tout ce qui restait de l’église qui a été détruite en 1967, quand le dictateur Enver Hoxha décréta « la mort de Dieu » .

La cérémonie religieuse a donc eu lieu sur un champ de ruines. 

Cette image est une belle parabole sur l’état du pays à la fin de la dictature.

J’ai rencontré Ana et Frederick, son frère, en 1990, à Jubani, dans un petit village du nord de l’Albanie, à l’occasion d’un reportage réalisé avec une journaliste de Marie Claire, Edith Canestrier.

J’ai présenté cette série d’images à l’occasion de ma première exposition en Albanie. 

En 2019, j’ai retrouvé Frederick et Ana dans le village qu’ils n’avaient pas quitté. Ils étaient en colère contre moi. Mais, c’était surtout le fils de Frederick, né bien après la période communiste, qui , s’adressant à son père lui lança :  « Comment peux-tu parler à quelqu’un qui a ridiculisé notre famille? »

Des gens s’étaient moqués d’eux, de cette mariée en pleurs, et de son frère qui l’accompagnait dans son chagrin pendant toute la cérémonie du mariage.

J’ai essayé d’expliquer au jeune homme que je n’avais pas l’intention de ridiculiser les mariés, bien au contraire. Ce mariage était vraiment extraordinaire, beau et émouvant. 

Dans la tradition albanaise, la mariée doit montrer le désespoir de quitter la famille qui l’a vu naître. 

Et Ana ne faisait pas semblant. Son frère aussi était désespéré de la voir partir.

Aujourd’hui, alors que les mœurs et les traditions ont évolué, ces images témoignent d’une tradition aujourd’hui disparue. Je ne suis pourtant pas sûr d’avoir convaincu le fils de Frederick…

Albania. First traditional wedding in Rragami, the stone field is the remain of the church destroyed under the communist regime in the north of RRagami Albania / premières noces traditionnelles à RRagami.: son mari habite à Jubani un village voisin où est célébrée la messe des noces. le champs de pierre est le dernier vestige de l’église de Juban , que les communistes ont détruit à l’explosif RRagami Albanie
Albania. First traditional wedding in Rragami, the stone field is the remain of the church destroyed under the communist regime in the north of RRagami Albania / premières noces traditionnelles à RRagami.: son mari habite à Jubani un village voisin où est célébrée la messe des noces. le champs de pierre est le dernier vestige de l’église de Juban , que les communistes ont détruit à l’explosif RRagami Albanie
Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. in Jubani village . North of the country. near Shkoder. easter mass in a stone field, last remain of the church destroyed under the communist regime
Albania. First traditional wedding in Rragami, at the end of communism
Albania. First traditional wedding in Rragami, at the end of communism

Albanie VI :  » La mariée était en pleurs… « 

 » 40 ans d’histoires au pays des aigles ». Exposition et livre

Une série d’histoires , des aller-retour entre passé et présent …À l’occasion de mon exposition en cours à Tirana jusqu’au début février… » 40 ans d’Histoire au pays des aigles » et de la publication du livre.

J’ai rencontré Ana et Frederick son frère en 1990, à Jubani, dans un petit village du nord de l’Albanie, A l’occasion d’un reportage réalisé pour Marie Claire avec Edith Canestrier.j’ai présenté cette série d’images à l’occasion de ma première exposition en Albanie. En 2019 j’ai retrouvé Frederick et Ana dans le village qu’ils n’avaient pas quitté. ils étaient en colère contre moi…Mais surtout le fils de Frederick, né bien après la période communiste, qui , s’adressant à son père lui demanda

– Comment peux-tu parler à quelqu’un qui a ridiculisé notre famille…? »

Des gens s’étaient moqués d’eux.. de cette mariée en pleurs.. et de son frère qui l’accompagnait dans son chagrin pendant toute la cérémonie. J’ai essayé d’expliquer au jeune homme que je n’avais pas l’intention de ridiculiser les mariés, bien au contraire…Ce Mariage était vraiment extra-ordinaire, beau, émouvant Dans la tradition albanaise, la mariée devait montrer son désespoir à l’idée de quitter la famille qui l’a vu naître. Et Ana ne faisait pas semblant. Son frère aussi était désespéré de la voir partir.Aujourd’hui alors que les mœurs et les traditions ont évolué, ces images sont nécessaires à notre mémoire collective car elles témoignent d’une tradition aujourd’hui presque disparue… Je ne suis pourtant pas sûr d’avoir convaincu le fils de Frederick…Dans mon prochain article, je vous conterai la suite de cette histoire tout aussi étonnante. Quand nous sommes arrivés devant l’église, il y avait une grosse surprise…

Albania. First traditional wedding in Rragami, in the north at the end of communism, the tradition are stil very strong
Albania. First traditional wedding in Rragami, in the north at the end of communism, the tradition are stil very strong
Ana and Frederik 28 years later brother and sister . she was the young bride crying during her wedding that was the First religious wedding in Rragami, in Juban village in the north of Albania
Albania. First traditional wedding in Rragami, at the end of communism

Albanie IV : « la mort de Dieu »

 » 40 ans d’histoires au pays des aigles ».

Exposition et livre

En 1967 le dictateur communiste Enver Hoxha, dandy et prof de francais formé a Montpelier, décrète la « mort de Dieu ». Une véritable guerre de religion est engagée : les lieux de cultes, églises, mosquées, Téké, sont pris d’assaut, détruits à l’explosif, brulés, transformés en entrepôt, en gymnase, en cinéma, ou simplement fermés. les prètres, les mollahs sont exécutés ou envoyés en prison ou dans les camps de travail Peu d’entre eux d’ailleurs survivront à ces camps.

Abania in 1981 under the communist regime. atheism museum in skodra , posters
showwing the destruction of religion,, destruction of churches and mosques.
Abania in 1981 under the communist regime. Shkoder. atheism museum in skodra , Comme pendant la Révolution Française, de véritables trésors seront perdus à tout jamais. Pendant des années, le Musée de l’Athéïsme de Skodra témoignera de la lutte anti-religieuse. Les objets du culte – encensoirs, missels, chasubles – y seront présentés comme autant de reliques témoignant de pratiques archaïques. Depuis 1981, en 1985 ce musée était provisoirement fermé pour travaux!
Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. In the north. This farmer show a cross , hidden underground during the communist regime; The religion was forbidden by law north


En mai 1989, à Berdice, dans un petit village du nord de l’Albanie, un paysan me montre avec fierté la croix qu’il avait cachée dans son jardin pendant des décennies. En 1981 je découvre  à Skhoder, dans le Nord de l’Albanie, le musée de l’Athéisme. Je prends quelques photos en cachette, quelques années plus tard le musée a disparu. Exposition en cours à Tirana jusqu’en février

Albanie V : « Quand Un plancher se transforme en iconostase « 

« 40ans d’Histoire au pays des aigles ». la mort de Dieu…

En 1967, le dictateur communiste Enver Hoxha, dandy et prof de français formé à Montpellier, décrète « la  mort de Dieu ». 

Une véritable guerre de religion est engagée : les lieux de culte, églises, mosquées, Teke, sont détruits à l’explosif, brulés, transformés en entrepôt, en gymnase, en cinéma, ou simplement fermés. Les prêtres, les mollahs sont exécutés, envoyés en prison ou dans les camps de travail. Peu d’entre eux d’ailleurs survivront à ces camps.

En 1990, le régime communiste s’effondre, les albanais récupèrent leurs lieux de culte en ruine. Je rencontre Liazar Pjeshkazini en 1990. Dans le gymnase de Tirana, avec des amis ils ont repris possession de ce qui fut la vieille cathédrale orthodoxe.

Ils n’ont aucune aide pour réparer l’édifice, et Liazar décide de récupérer le plancher du gymnase pour en faire l’iconostase. 

Un vieux prêtre rescapé des camps qui a oublié une partie de la liturgie dirige les premières prières dans la cathédrale en ruine. 

Ironie de l’histoire, quelques années auparavant, sous le régime communiste, et dans ce même lieu, un gymnaste faisait, à son insu, le signe de la croix.


Exposition en cours à Tirana jusqu’en février

Le Livre de l’exposition est publié en albanais et en anglais

D’autres histoires suivent

One of many stories from my exhibition going on in COD tirana. In The book of the new exhibitionYOU CAN SHARE

Albania. Tirana. Orthodox cathedral of Tirana. wXth the floor of the former sport palace (before the orthodox cathedral of Tirana) people are building the iconostase Albania
Albania. Tirana. Orthodox cathedral of Tirana. with the floor of the former sport palace (before the orthodox cathedral of Tirana) people are building the iconostase Albania / R00215/90 L2488 / P0001766
Albania. Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. Tirana. Former orthodox cathedral transformed~ in a sport palace where the junior team of` the country is training.
Albania. Tirana. Orthodox cathedral of Tirana. wXth the floor of the former sport palace (before the orthodox cathedral of Tirana) people are building the iconostase Albania
Rebirth of Christianism after the collapse of the communist regime. Tirana. Orthodox cathedral of Tirana, first mass. in this church transformed in a sport palace under the communist regime
Albania. baptism in the former Orthodox cathedral of Tirana, this church was transformed in a sport palace under the communist regime
Albania. Tirana. Former orthodox cathedral transformed in a sport palace where the junior team of` the country is training.