Marseille 30 années perdues…

Marseille 1986-2016

30  années perdues .

En regardant l’emission de Canal +   où Pujol présente son livre sur Marseille j’ai tout de suite reconnu une  image que j’avais faite 30 ans auparavant, Mais ce n’était pas mon image mais une image  similaire mais d’aujourd’hui. En écoutant le journaliste citer les memes noms de lieux, les memes noms de cités, les memes problèmes, j’ai eu l’impression  de remonter le temps…

30ans après il semble que rien n’a changé dans les quartiers nord de Marseille. La situation s’est même aggravé à cause de la crise. Islam des caves, communautarisme, misère, immigration. Gilles Kepel dans son livre « les banlieues de l’islam » avait décrit très précisément la situation au début des années 80…

Voici le texte d’un entretien publié dans un magazine de photo ou j’explique pourquoi ce sujet, commandé par Geo Magazine Allemagne, n’a jamais été publié. Par la suite Paris Match a voulu utiliser ce dossier mais avec un texte de… Jean Cau , je ne pouvais pas accepter cet proposition car Jean Cau, écrivain brillant et ancien secretaire de Jean Paul Sartre était aussi un homme d’extreme droite. Je ne voulais pas d’un texte simpliste sur un problème complexe.

Ces images dérangeantes ont eu une étrange destinée. Elle sont souvent volées, aujourd’hui encore, par des sites d’extreme droite pour les utiliser dans leur propagande anti-muslmans.

Des que possible je posterais la suite de ce travail qui m’a aussi mené dans les banlieues de Londres et Birmingham…

l’entretien avec Sophie Manrique après les images

et les images sur mon site de recherche et telechargement

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Voici l’entretien avec Sophie Manrique

Marseille interdite
LES PHOTOS REFUSEES DE MICHEL SETBOUN

« Marseille, la crise faite ville »,
c’est le titre que Géo Allemagne avait imaginé. « Je pensais bien lever un peu de rififi sur la Canebière, en fait je suis rentré avec des images si chaudes que tout le monde a craint de s’y brûler les doigts. L’équipe rédactionnelle a été impressionnée et, en même temps, choquée, je n’avais pas fait le contre-point idéal, « le Français avec son béret et sa baguette », ils me l’ont écrit ainsi. Ils ont fini par passer le sujet mais sans les photos. J’ai été les présenter au Figaro Magazine, à L’Evénement du jeudi, à Géo France ( Geo publiera quelques mois plus tard mon reportage sur Marseille, en diluant les quartiers nord dans un sujet plus général sur Marseille histoire de ne pas effrayer le lecteur) …

Bilan général, intéressant mais dérangeant.

D’accord pour publier une image ou deux en illustration, mais pas le sujet entier. Pourtant sur place, cette « lancinante question de l’immigration », de l’intégration vous saute à la figure. J’ai dû rencontrer pas mal de gens avant d’être accepté. Je plante le décor. Banlieues nord, quartiers populaires de l’Estaque, Belle de Mai, ou la cité que j’ai le plus photographiée, Bellevue. Drôle de nom. Un horizon de HLM sur trois ou quatre cents mètres de long. A l’époque, on a construit en réduisant les mouvements des grues à des glissades latérales. Dans ces tours de vingt étages, il y a longtemps que les ascenseurs affichent hors service. Dans certains appartements cohabitent une dizaine d’enfants, les infrastructures ne suivent pas. Les gens balancent les poubelles par les fenêtres, c’est d’une crasse inouïe. Il y a aussi des bidonvilles, je croyais que ça n’existait plus. Ils s’alignent au pied des HLM. Qu’on ne dise pas c’est passager, des familles y vivent depuis vingt-cinq ans. Leur ambition ? Habiter un jour une des tours insalubres. Dans la cité de La Renaude, les jeunes affirment »on est tous des voleurs », ils brûlent chaque jour des voitures. Avec 80 %de chômeurs dans la cité, où pêcheraient-ils la dignité et l’espoir ? La cité a été repeinte plusieurs fois, elle est redevenue aussi sale peu après. Un jour, le responsable du centre social a pensé faire travailler les gamins qui traînent toute la journée. D’un seul coup, les travaux de réhabilitation ont eu un sens. C’était fait par le copain ou le voisin, mi? racle, personne n’a plus rien abîmé. Ces investissements-là ne sont pas spectaculaires, seulement ils correspondent aux aspirations des gens. Un peu plus loin, un élu en lice a offert des bornes d’incendie. Elles ont été immédiatement saccagées… Evidemment, elles recouvraient le seul point de ravitaillement en eau potable. Idem pour les bancs installés dans les courants du mistral et à l’ombre… Il y a des tas d’histoires absurdes comme celles-là. Le vrai problème, c’est l’indifférence. Des situations insupportables ne peuvent créer que des comportements exacerbés. Marseille n’assume pas toutes ses casseroles, en même temps, c’est vrai qu’il s’y passe des tas de choses intéressantes, dans le domaine culturel par exemple. Beaucoup d’artistes aiment vivre dans la ville d’Antonin Arthaud et de Pagnol. Aujourd’hui, finalement, à moi aussi ces photos font un peu peur. On peut leur faire dire ce qu’on veut. Elles sont ambiguës, à la merci de toute propagande. Une raison pour les montrer ? Une de ces banalités lumineuses comme les affectionnait Roland Barthes, « pour que les choses soient sues, il faut qu’elles soient dites ». » Sophie Manrique
« Une fois par an, les musulmans célèbrent l’Aïd, la fête du mouton. La loi interdit théoriquement l’abattage à domicile, celui-ci a lieu dans un ancien abattoir situé en dehors de la ville. Problème, on peut y tuer 1 000 moutons dans la journée, quelque 200 000 musulmans vivent dans la ville… La plupart des animaux suivent bon gré, mal gré, les chemins tortueux de l’abattage buissonnier en appartement. »

New York walking the walk. Photos I.D. exhibition and show

This project is a festive questioning about identity.

New York, 400 years of immigration, 200 nationalities, like the rest of the United States , has been built by the immigrants coming  from everywhere. American culture is made from this ethnic and racial diversity. All these tribes parade every week in the streets of the city to express their origins, their identity and claim their attachment to the american flag.

All neighborhoods and ethnic groups combined , there are more than hundred parades a year  in New York.

The pictures are printed on giant tarpaulins ( 1mx1m Hd )  hanging from the ceiling with invisible nylon thread. The images seem to fall from the sky, like in the old coal mines changing rooms . The visitor walks in the midst of all these characters who watch him  » face to face ». When the visitor passes  this crowd in black and white and turns around, he discovers another crowd in color this time , which proudly shows  « The colors of America ».
 Exhibition  in the parc des expositions of Saint Brieuc
september 12th to October 12th

New york en marche… photos d’identitès.

Cela faisait des années que j’avais ce projet  en tête. L’actualité dramatique m’a poussé à agir rapidement.

J’ai voulu construire ce projet comme une interrogation festive et positive sur l’identité et l’immigration.  Voici mes parades tribales, iconoclastes, « gay », joyeuses, des images d’espoir.

Je n’avais surtout pas envie de faire un accrochage traditionnel, avec de jolies photos encadrées.

J’ai donc monté cette exposition, comme une vraie manifestation de rue… En entrant dans la salle d’exposition, c’est une foule en marche qui accueille le visiteur. Des dizaines d’individus toutes ethnies et couleurs confondues, vous regardent droit dans les yeux,

Les photos sont imprimées sur des bâches à taille humaine (1mx1m) qui sont suspendues au plafond  par des fils de nylon invisibles. Les  images  semblent  tomber  du ciel,   un peu comme dans les anciens vestiaires des mines de charbon. Le visiteur s’avançe au milieu de tous ces personnages, comme dans une manifestation en se glissant entre les personnages, quand il a  dépassé  cette foule  en noir et blanc. il se retourne, et découvre   au dos des images noir et blanc, une autre foule en couleurs cette fois, qui arbore fièrement
 » Les couleurs  de l’Amérique « 

Parc des expositions de  Saint Brieuc jusqu’a la mi octobre